Description
… au salariat existentiel, à la tristesse organisée, Stéphane Gauthron oppose une vie qu’il sent encore pousser sans le moindre travail, spontanément, celle de l’arbre et des mots qu’il choisit avec soin.
Pour cette beauté-là, il n’y a pas à s’excuser.
Tristan Garcia
(Préface : Le travail de vivre)
*
Tu repenses souvent à tes rêves
à de vieilles connaissances
tu n’es pas sérieux
tu marches pendant des heures sous la pluie
sous la boue de la pluie et de tes mains
puis tu relis de vieux livres
avec de la poussière dessus
tu remarques que la poussière
elle
sait se choisir ses endroits
et rester en place
tu t’en mets plein les coudes
les genoux
de la lecture
tes phalanges savent imiter la marche d’une araignée
ça amuse tes filles
tu penses souvent à tes rêves
car ils font tomber la pluie
et la couleur sur les mots
et le noir
sur quelques plumes d’oiseaux
tu aimerais savoir l’heure qu’il est
sans regarder ta montre
ni les visages




