VERCEY Claude

La bonne cause

Auteur : VERCEY Paul

Réunir dans un livre les écrits qui suivent peut paraître un pis-aller: mais je ne désespère pas qu’à la suite ces slogans ou formulettes, – ou poèmes, allez savoir – trouvent leur place sur les murs, en affiches ou placards, au pochoir ou en graffitis. En attendant, que l’on considère ce recueil comme un mémoire,  – un répertoire, une partition -, qu’il reste à interpréter : graphiquement, esthétiquement, oralement pourquoi pas.

Une imbécillité assez bien partagée voudrait que de nos jours la poésie se soit réfugiée dans la publicité. Certains pourront croire trouver dans ces pages confirmation de cette commune intuition. Sauf qu’en vérité, qu’on me permette d’attirer sur ce point l’attention, c’est le contraire qui est ici à l’œuvre : la poésie sort de ses limites (et de ses gonds le poète ?) pour s’approprier une matière qui lui est a priori étrangère. Peut-être y perd-elle au change, je ne refuse nullement d’envisager l’hypothèse, que peu ou prou de ses vertus et de ses charmes se soient volatilisés au cours de ce transfert. C’est le prix à payer, et qui ne me fera en aucun cas déprécié le plaisir que j’ai pris à écrire ces slogans, au bénéfice malgré tout de la poésie et du livre : bref, c’est pour la bonne cause.

Il me déplairait pas que ce soit aussi pour la bonne bouche.

Nombre de pages : 90p
Format : 10 x 14 cm

 

6,00

Description

Extrait

Ce qui t’importe qui soit dit
ce que tu croyais ne jamais entendre

ce que tu n’oses avouer
ce que tu ne pensais pas pouvoir se formuler

un poète l’a dit
ou le dira

L’avis de Jean-Louis Jacquier-Roux

La bonne cause et pendant ce temps son ouvrage n’avance pas », serais-je tenté d’écrire pour détourner le titre de ce recueil débridé de Claude Vercey et lancer le lecteur sur une fausse piste. Car, en vérité, ce n’est pas une ode exaltant les vertus ancillaires qu’a composé là notre impulsif poète mais bel et bien -à coups de « formulettes » et autres slogans- un vigoureux plaidoyer au service d’une cause désespérée -celle du livre- et accessoirement une mise en garde sévère à destination des conducteurs imprudents. Que voulez-vous ! Quand la poésie met hardiment les pieds dans le plat, elle concocte des métissages culinaires alléchants. Il y a d’ailleurs fort à parier que le Syndicat des Editeurs et la Sécurité Routière sont prêts à faire un pont d’or à Maître Claude pour lui acheter cette kyrielle de sentences frappées au coin du bon sens et, de plus, écrites quasiment « off-limits » pour tenter de saisir « la vie au mot » sous les yeux de qui sait apprécier les exercices d’équilibre les mieux réglés. La bonne cause, on l’aura compris, revêt plus que jamais un caractère d’intérêt public. Si donc, lecteur, « Dans le livre / Tu apprends / A dire non », tu y forges souvent les outils de ta propre liberté. Pour se colleter en permanence avec cet exigeant labeur, notre prophète de papier en connaît le prix. Demain donc, lorsque my poet sera devenu aussi riche que my tailor -lequel ne m’a pas taillé un seul joli costume depuis des lustres- j’applaudirai des deux mains et je lui tendrai peut-être ma sébile.